Le mot tocophobie vient du grec “tokos” qui signifie accouchement et de “phobos” la peur. La tocophobie est donc la peur sévère et irrationnelle d’être enceinte ou d’accoucher. Elle touche environ 2,5 % des femmes. Certaines études pensent qu’elle est sous diagnostiquée et pourrait finalement toucher près de 20 % des femmes.
C’est un sujet tabou et peu de professionnels, même du domaine de la maternité, sont formés pour accompagner ce vécu douloureux.
On distingue 2 types de tocophobie, dont nous parlerons dans cet article. Un outil d’évaluation de référence, en anglais, permet d’identifier cette problématique.
Dans la majorité des cas, l'anxiété et des traumatismes vécus ou vus par la personne ou des membres de sa famille en sont à l’origine. C’est pourquoi la thérapie MOSAIC® est efficace pour surmonter définitivement cette difficulté.
Avant de parler de la tocophobie j’aimerais parler de la phobie.
C’est une peur panique, rationnelle ou non. Une émotion tellement forte qu’elle prend le contrôle. Ce n’est pas une question de volonté, c'est un automatisme du corps.
Normalement, la peur, comme toutes les émotions, est utile. Elle nous protège d’un danger, nous permet de faire attention. Elle nous protège en nous faisant passer en mode combat ou fuite.
Mais lorsqu’elle est dysfonctionnelle, elle paralyse, elle prend toute la place et coûte de l’énergie.
Les phobies ont des origines variées, et elles ne sont pas que dans les pensées. Elles sont inscrites dans le corps, dans le cerveau et plus particulièrement dans le système nerveux.
Le système nerveux est la tour de contrôle du corps. Il scanne en permanence, 24h/24 l’environnement. C’est lui qui contrôle notre mode automatique et qui fait que nous n’avons pas besoin de penser à respirer ou digérer. C'est encore lui qui réagit en quelques millisecondes de manière instinctive ou réflexe. On pourrait dire que c’est notre protecteur.
Il est le pilier de notre résilience, mais parfois, comme le reste de notre corps, il dysfonctionne.
Ses perceptions sont binaires. c’est pour cela qu’il peut réagir très rapidement. Pour lui il n’y a pas de nuance, c'est soit la sécurité, soit le danger.
Lorsqu’une peur reste présente dans le corps, c’est un signal de plus qu’il y a danger. Ce qui explique que, lors d’une phobie, la peur est irrationnelle et incontrôlable. Ce n’est pas le cerveau pensant qui dirige, mais le cerveau archaïque qui a perçu une menace.

Cette peur panique survient sans antécédent de grossesse, parfois même dès l’adolescence. Elle est majorée en cas d’antécédents d’abus sexuels ou de vécu traumatique dans cette période de vie ou de l'ordre de l'intime dans la famille.
On sait que lorsqu’un traumatisme psychique n’est pas résolu, il y a des modifications au niveau du gène NR3C1, qui est inactivé sur plusieurs générations.
Vivre avec des troubles anxieux peut aussi alimenter une tocophobie. Enfin, les discours d’accouchements traumatiques peuvent également participer à cette peur sévère.
La tocophobie secondaire survient à la suite d’une grossesse, ou d’un accouchement traumatique pendant cette période. Cela peut être lié à l’événement, comme un deuil périnatal ou une césarienne. Et aussi au contexte et au soutien perçu, s’il y a eu des VOG (violences gynécologiques ou obstétricales), un sentiment de dépossession, des paroles dévalorisantes, un isolement, etc…
Ce qui doit alerter, c’est le niveau de peur. Avoir peur d’un événement inconnu est humain, mais d’une manière raisonnée. Tu n'as pas besoin d’avoir peur pour être vigilante. Est-ce que la peur t’empêche de vivre normalement et diminue ton énergie ? Si la réponse est “oui” ou “oui un peu”, je t’invite à faire le test que je te donne juste en dessous. Tu peux en parler aux professionnels de santé qui te suivent. Si tu souhaites un point de vue différent ou une écoute sur ce sujet, sache que je propose des accompagnements dédiés à la grossesse, pour que tu vives sereinement ce passage de vie.
Les symptômes les plus courants sont multiples et peuvent être liés à la grossesse ou à l’accouchement :
Une contraception maximale malgré le désir d’enfant
Une Interruption Volontaire de Grossesse
Une anxiété intense
Des crises d’angoisse pouvant même aller jusqu’à l’effondrement
Report ou refus d’examens
Des nausées, des palpitations, une sueur excessive
Une demande de césarienne
Fear of Childbirth Questionnaire est l’outil de référence pour objectiver la tocophobie. Cette échelle est composée de 40 questions à noter de 0 à 4. 0 étant “je ne suis pas du tout effrayée” et 4 étant “je suis extrêmement effrayé.e”.
Dans cet outil, on note également que plusieurs peurs peuvent être sous-jacentes comme la peur :
de perdre la libido ou le plaisir sexuel
d’avoir mal pendant un accouchement par voie basse
des interventions médicales
de la honte
de la souffrance du bébé
de la césarienne
de la mort de son bébé ou de soi-même
de l’insuffisance de soutien face à la douleur
de la déformation de son corps liée à la grossesse ou à un accouchement vaginal
Tu peux cliquer sur le bouton ci-dessous pour télécharger cette échelle. Je t’invite à en parler aux professionnels qui t'accompagnent.

La tocophobie peut parfois être confondue, sur certains aspects, avec la dépression prénatale. Pour cette dernière, il existe également un questionnaire, l'echelle d'Edimbourg, pour l’évaluation que tu peux télécharger en cliquant sur le bouton un peu plus bas. C'est le même que pour évaluer la dépression du post-partum.
La dépression prénatale va se manifester par des sentiments de désespoir, de tristesse et de manque d’énergie. Cet état général n’est pas forcément en lien avec l’accouchement. Il peut aussi être lié à tous les changements physiques, mais aussi hormonaux, psychiques, sociaux et familiaux qu’implique la grossesse.
La tocophobie va se démarquer par le fait que les pensées tournent en boucle autour de la grossesse ou la naissance.
Une fois de plus, la peur protège. Si elle est là, c’est qu’il y a un intérêt à minima inconscient. C'est pourquoi en parler et la volonté ne suffisent pas à la dépasser.
De plus, la peur constante peut impacter la confiance en soi.
Dans le cas d’une tocophobie sévère, une femme qui n’a pas confiance en elle et ses capacités est convaincue qu’elle ne pourra pas mettre son enfant au monde. Cette situation devient tellement difficile et intolérable qu’elle met en place des mécanismes d’évitement ou de refus. Ce qui explique que certaines préfèrent interrompre une grossesse ou demander une césarienne. Dans ce cas là, le suivi post-partum est d’autant plus important, car le sentiment de “ne pas être à la hauteur” ou “une bonne mère” peut arriver.
Lorsque la femme bénéficie d’une confiance suffisante, elle pourra mettre en place une autre stratégie et parfois même accoucher par voie basse.
Dans tous les cas, un accompagnement spécifique et pluridisciplinaire est fortement recommandé.
Si tu ressens de la peur à l’idée d’être enceinte ou d’accoucher, sache que tu n’es pas seule et que des professionnels existent pour t’accompagner. En parler permet de partager et de poser ses inquiétudes. Un soutien pluridisciplinaire est souvent recommandé. Les professionnels qui suivent ta santé peuvent adapter leur pratique et leurs gestes.
Ce qui peut aider également c'est comprendre le mécanisme physiologique de la naissance pour gagner en confiance. C'est quelque chose que je propose également dans mon accompagnement pendant la grossesse.
Que ce soit pour le devenir enceinte ou accoucher des ajustements sont possibles pour que ton vécu soit respectueux. Pour certaines, cela passera par une césarienne programmée, pour d’autres un accompagnement à la physiologie de la naissance pendant la grossesse pour mieux comprendre son corps et aborder plus sereinement cet événement transformateur dans la vie d’une femme. Il n’y a pas de recette magique toute faite, juste des ajustements avec qui tu es, ton histoire, ton contexte.
Les symptômes peuvent être diminués en favorisant les états de relaxation et de bien-être général pour réguler le système nerveux. En début d’article, j’ai évoqué que le système nerveux vivait avec une menace perçue, dans notre cas la grossesse et/ou l’accouchement.
Pour réguler et apaiser le système nerveux, différentes méthodes naturelles peuvent être utilisées comme :
La méditation et la respiration de pleine conscience
Les massages pour détendre physiquement le corps et envoyer des signaux de repos et de sécurité
Le temps avec des gens qu’on apprécie, la co-régulation est le premier outil de régulation que l’on utilise dès la naissance. Certainement le plus puissant aussi, à condition d’être avec des personnes régulées
Le temps avec la nature, sur le même principe de la co-régulation, nous avons la capacité de le faire avec le reste du vivant. Les animaux pour certains, les plantes pour d’autres. Des échanges hormonaux et des fréquences invisibles sont échangés pour revenir à un état de calme. Marcher dans la nature en écoutant le chant des oiseaux renvoie immédiatement au cerveau archaïque : oiseaux qui chantent, absence de prédateurs, sécurité.
La chaleur, celle qui détend les muscles. Une tasse de tisane dans les mains ou une bouillotte sont des outils simples et peu coûteux.
Les mouvements lents comme le qi-gong ou le yoga favorisent également cet état de détente. La danse permet aussi de produire les hormones de la détente. Si tu es enceinte, voici plusieurs propositions.
L'alimentation comme première médecine en évitant les carences et la faim.
Cependant, ces techniques sont rarement durables et demandent de la rigueur pour en ressentir tous les bienfaits. L'anxiété pouvant rendre cette tâche plus difficile.

La peur de la grossesse ou d’accoucher est bien plus fréquente qu’on ne le pense. Même si rationnellement, tu ne sais pas d’où elle vient, ton corps lui garde en mémoire une trace. Il est possible de désactiver ta tocophobie qui est vivante à l’intérieur de toi, quelle qu’en soit l’intensité ou la durée.
Une des méthodes efficace et durable est la thérapie MOSAIC®. Pour en savoir plus, j'en parle dans cet article.
La thérapie MOSAIC® utilise les mécanismes cérébraux de la mémoire pour classer la charge émotionnelle vivante dans le corps en utilisant des stimulations bilatérales alternées. Pour cela, elle fait vivre aux personnes comment elles veulent se sentir pour en faire leur réalité.
Dans le cas de la tocophobie, nous travaillons sur la peur et nous la remplaçons par une émotion, une sensation plus juste, propre à chaque personne. Des exercices sont donnés pour renforcer le travail réalisé en séance.
Je propose des accompagnements avec la thérapie MOSAIC®, tu peux réserver une séance avec moi directement pour apaiser durablement ta peur de la grossesse et/ou de l’accouchement.
Maintenant tu peux qualifier si ta peur de la grossesse ou de l’accouchement est excessive et relève de la tocophobie grâce au FCQ. Si tu es concernée, la première des choses à faire est d’en parler. Tu sais maintenant quelles solutions naturelles peuvent limiter les répercussions. Si tu veux enfin te sentir apaisée durablement pour profiter de ta grossesse et envisager la naissance de ton enfant plus sereinement, tu peux prendre rdv ici. Pour toute question, tu peux me contacter, je suis là.

Tendance
Se libérer de la tocophobie c'est possible !
Un article complet pour tout comprendre.
Conséquences et solutions, on fait le point.

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