Les données sont difficiles à obtenir, car on aborde le sujet depuis peu. (Peut-être aussi parce que la santé des femmes en général est moins bien étudiée et que Big pharma n’a pas trouvé d’intérêt rentable, mais c’est mon avis et un autre sujet.)
Cependant, on estime entre 10 % et 45% le nombre d’accouchement traumatique. Une partie de ses vécus est heureusement pris en charge rapidement et environ 3% à 6% des femmes développent un trouble de stress post-traumatique complet (TSPT - Source Yildiz, Ayers et Philips 2017 ). Si certaines populations sont plus à risque que d’autres, 32 % des mères remplissent les critères pour au moins un grand ensemble de symptômes. Ce qui veut dire que de nombreuses femmes ne sont pas accompagnées alors qu’elles présentent une perturbation significative de leur fonctionnement pouvant aller jusqu’à des idées suicidaires. Qui, rappelons-le, est la première cause de mortalité pendant la première année post-partum. (Maggioni, C., Margola, D., & Filippi, F. 2006)
L’accouchement est un événement à risque traumatique élevé, car la mère est dans une situation de vulnérabilité physique, psychique et émotionnelle. De plus, les soignants sont vus comme une figure d'autorité et les traumatismes d'attachement peuvent se rejouer. Un accouchement traumatique peut donc être un double traumatisme, par l’événement en lui-même et par la trahison ressentie.
Je t'explique comment le repérer, les conséquences possibles et, surtout, comment t'en libérer.
Dans toute pathologie, certains facteurs modulent le risque de développer un stress post-traumatique, les voici :
“Celui qui module le plus l’impact du trauma n’est pas la gravité de l’événement, mais la qualité du soutien perçu”, Bruner, M.W., 2019. Rien d’étonnant quand on voit les chiffres sur le rôle des doulas dans la période périnatale : diminution de 31 % du sentiment négatif vis-à-vis de la naissance, réduction de l’anxiété et de la dépression, amélioration de l’estime de soi. L’importance du rôle du co-parent, des grands-parents et de l’entourage proche prend aussi toute sa place.
Avoir vécu ou vivre avec un ou des traumatismes non résolus. Les plus courants sont ceux de notre enfance, issus d’expériences où l’on s’est senti rejeté.e, abandonné.e, seul.e ou négligé.e. Mais ceux en lien avec un passé d’abus sexuels peuvent aussi ressurgir au cours de la grossesse ou lors de l'accouchement.
L’état du système nerveux et de la fenêtre de tolérance. Le système nerveux scanne en permanence et répond au stress. Lorsque la personne se sent bien, en confiance, la fenêtre de tolérance vis-à-vis d’événements inhabituels est plus grande. Lorsque, pour différentes raisons, cette fenêtre rétrécit, le risque de développer un TSPT augmente.
Une grossesse difficile, médicalisée ou des antécédents d’anxiété ou de dépression prénatale augmentent le risque. On sait qu’un parcours PMA, une hyperémèse gravidique, une pré-éclampsie, ou toutes autres sortes d’urgences sont des risques potentiels. Pour chacun de ces cas, le sentiment que le corps n’a pas fonctionné comme il aurait dû, comme l’impression de s’être fait lâcher par soi-même devient douloureux à accepter. La rupture avec ce qui devait être prévisible est un danger perçu.
On ne se rend pas toujours compte que le système dans lequel nous vivons n’est pas neutre. La culture du patriarcat, les violences systémiques comme le racisme, le sexisme, le validisme, l‘homophobie, pour ne citer que les principaux, impactent notre vision du monde et notre fenêtre de tolérance. Au sujet des handicaps, une étude de 2016 évoque le sujet grandissant des personnes neuro-atypiques, qui sont plus touchées du fait de leur sensibilité accrue. Dans le domaine médical, cela peut mener à des rapports de force conscients ou non entre professionnels de santé et patient.e. Rien que dans le mot “patient”, il y a une posture de soumission. Comme si, inconsciemment, le patient ne pouvait pas décider, mais devait attendre qu’on décide pour lui. De plus, la crise de moyens que vivent les soignants rend les défis encore plus grands. La surmédicalisation croissante dans nos pays développés crée un contrôle des corps et une dépossession. Les personnes deviennent de plus en plus méfiantes, dans une période où la confiance est une ressource précieuse.
Au-delà de ces aspects, le fait d’être jeune et d’avoir une pathologie psychiatrique peut augmenter le risque de développer un TSPT.
Un accouchement par césarienne, une épisiotomie ou le recours aux instruments augmentent également le risque, tout comme une naissance prématurée.
Des facteurs plus subtils, comme le manque de communication, l’absence de consentement clair et éclairé, la douleur, la perte de contrôle, un travail long ou encore le manque de respect, sont des points de vigilance.
Mon esprit positif avait besoin de faire ce rappel que le psychotrauma peut être évité, et la retraumatisation aussi. Si vous vivez avec, je vous conseille de faire lire au moins ce paragraphe aux personnes proches de vous. Parler de son traumatisme est plutôt bénéfique, mais le risque de retraumatisation est réel. Ces 6 piliers sont ceux de la SAMHSA (l'Administration des services de santé mentale et de lutte contre l'abus de substances) et de l’OMS.
La sécurité : qu’elle soit physique, émotionnelle ou mentale.
La fiabilité et la transparence : le trauma est une expérience de trahison ou de rupture dans ce qui était prévisible. Remettre du lien à son rythme est essentiel.
Soutien par les pairs : l’importance des groupes de parole.
Collaboration et mutualité : chaque personne est experte. Le professionnel de l’aspect technique et la personne de la connaissance de soi.
Autonomisation, voix et choix : restaurer le pouvoir de décision, respecter les refus, offrir des propositions.
Questions culturelles, historiques et de genre : le trauma individuel est souvent aussi un traumatisme collectif. Reconnaître les manques historiques soulage.
Les professionnels ayant suivi une formation en pratique trauma informée connaissent ces règles qui ne sont malheureusement pas apprises dans les parcours de base.
On l’a vu précédemment, le trauma se crée principalement lors d’une rupture du soutien perçu. La perception est importante car deux personnes qui vivent exactement le même événement ne le vivront jamais de la même manière.
Dans 66 % des cas, le traumatisme survient dans la relation :
Ce qui a été dit : “C’est pas grave, vous êtes jeune, vous avez le temps de faire un autre enfant”. Ici, le ressenti est nié, minimisé, il n’y a pas de connexion humaine.
Ce qui a été organisé : la mère est partie seule en césarienne et le papa est resté seul parce que personne n’a pris 2 minutes pour aller le voir, lui expliquer et le rassurer à la fin de l’intervention. On peut noter, l’impuissance, la solitude et la négligence.
Dans 33 % des cas, le traumatisme survient à cause de l'événement lui-même. Par exemple le décès du nouveau-né à la naissance. C’est un choc, quelque chose qui ne s’imagine pas, ne se prévoit pas. Les émotions sont nombreuses et ce choc peut être un effondrement.
Quoi qu’il se passe, le cerveau protège d’un événement vécu comme trop dangereux. Il n’y a pas de hiérarchie dans les événements traumatiques. Quoi qu’il se passe l’important n’est pas l’événement, mais comment tu l’as vécu. Chaque cas est unique, mais le soutien devrait toujours être présent.
La césarienne est un accouchement particulier puisqu’il nécessite une opération chirurgicale. En France, plus de 21 % des naissances se déroulent ainsi, selon la dernière enquête périnatale de 2021. L’OMS indique que le taux de césarienne devrait se situer entre 5 % et 15 % assurant à celles qui en ont besoin d’en bénéficier et aux autres de l’éviter. Ce qui signifie qu’en France, des césariennes pourraient être évitées, notamment en respectant la physiologie et en diminuant la sur-médicalisation.
Lors d’une naissance voie haute le risque de TSPT est plus grand qu’un accouchement voie basse.
Cela s’explique, car le sentiment d’être défaillante est grand. “Pourquoi mon corps n’a pas fonctionné normalement ?”, “J’ai l’impression qu’on m’a volé la naissance de mon enfant.” Ce sont des vécus que de nombreuses femmes évoquent et qui participent à la difficulté.
La mère est rarement actrice d’un accouchement par césarienne donc l’agentivité, la capacité d’agir, est réduite. Les ressentis corporels ne sont pas ceux imaginés et souhaités, un décalage peut se créer, voire une dissociation. L’impression d’être hors de son corps est parfois racontée.
Il y a aussi la douleur physique et la cicatrice qui rappellent constamment cette souffrance.
Les mères rapportent de la déception et de la culpabilité.
La solitude aussi peut être là, car la personne qui vous accompagne n’est pas toujours acceptée. Cette solitude est souvent immense quand le bébé doit être emmené pour des soins loin de vous, ou pire encore lorsque sa vie s’éteint.
Dans de rares cas, l’anesthésie est générale et le réveil peuvent être brutal.
L’association Césarine a mené une enquête en France sur plus de 20 000 personnes en 2017. 61 % des répondants ont estimé avoir mal vécu ou très mal vécu la césarienne. Quand on sait que le trauma s’installe dans le vécu et non dans les faits, la césarienne représente un événement délicat pour la santé mentale.
Les accouchements nécessitant des instruments, forceps, ventouse sont aussi plus à risque qu'une naissance sans.
N’oublions pas que le post-partum et les remarques déplacées peuvent nuire à un équilibre déjà fragile.

C’est précisément là que naissent les traumatismes, les violences gynécologiques et obstétricales sont aux antipodes de la pratique trauma-informée. C’est le terreau vers d’autres formes de violences et cela doit cesser.
Des mouvements comme STOP VOG existent pour les dénoncer.
En cas de violences vues ou vécues, ne reste pas seule. Parles-en à quelqu’un de confiance. Une lettre à la commission des usagers ou d’autres démarches peuvent être effectuées selon tes souhaits.
Tu n’es jamais responsable de ce qu’il t'arrive, ce n’est pas de ta faute.
Le co-parent lors de l’accouchement peut être mis de côté. Pire, comme nous l’avons entendu dans une émission télévisée lors de la coupe du monde de foot 2026, lorsque le joueur Jérémy Doku est parti assister à la naissance de son enfant : “Le père ne sert à rien”. C'est exactement dans cette culture et le jugement que les traumatismes naissent.
Lors d’un accouchement, le co-parent peut avoir l’impression d’être impuissant.e, iel peut aussi avoir peur pour la vie de sa femme et/ou de son enfant.
Dans les couples de femmes, le co-parent peut même subir le fait de ne pas être reconnue comme parent.
Les pères souffrent eux de l’image du “bon père protecteur” celui qui doit être fort et soutenir sa femme puisque c’est elle qui a l’air de souffrir.
L’attention est rarement portée sur le co-parent et pourtant iel peut vivre également des émotions difficiles qui peuvent s’imprimer dans son système nerveux. En parler et leur demander simplement comment iel a vécu la naissance de leur enfant est un premier pas vers la reconnaissance de leur vécu.
On estime entre 2 % à 5 % d’hommes souffrant d’un trouble de stress post-traumatique en lien avec la périnatalité. Les chiffres concernent les hommes et non les co-parents. Les chiffres sont certainement sous-évalués puisque deux fois moins d’hommes consultent en santé mentale par rapport aux femmes. Ils sont aussi 3 fois plus à risques de suicide, avec moins de tentatives et plus à risque de conduites addictives.
Si tu te reconnais ou que tu penses à quelqu’un de ton entourage, partage-lui cet article.
Le TSPT peut s’immiscer lorsque l’on est exposé en tant que victime, auteur ou témoin d’un danger. Le DSM-5 caractérise ce trouble par 9 symptômes ressentis pendant au moins 3 jours au-delà d’un mois après l’accouchement. La période d’avant est considérée comme un stress aigu. Même avant 1 mois, si tu es en souffrance, tu peux demander de l’aide et ne pas attendre. Voici les 9 symptômes :
Souvenirs ou rêves répétitifs menant à la détresse
Reviviscences ou détresse lors du rappel du trauma
Incapacité d’éprouver des émotions positives
Altération de la perception de la réalité, de l’environnement ou de soi-même
Amnésie partielle ou évitement du souvenir traumatique
Évitement de rappel externe du trauma, par exemple ne pas réussir ou avoir l’envie de s’occuper de son bébé
Perturbations du sommeil
Irritabilité et hypervigilance
Difficultés de concentration, ou sursaut exagéré
Attention, le TSPT peut être total ou partiel, c’est à dire pas tous les symptômes, cet article n’est pas un diagnostic. Si tu penses être concerné.e parles-en.
La question à se poser si tu doutes est : “ Comment est impactée mon énergie depuis mon accouchement ?”.
Tu peux noter de 1 à 3 ta réponse.
1. J’ai un peu moins d’énergie, mais globalement, mes journées se passent bien.
2. J’ai clairement moins d’énergie, je n'arrive pas à tout faire et j’ai parfois des difficultés dans mes relations.
3. Je n’ai pas d’énergie, j’ai envie de rien, ça prend toute la place.
Si ta réponse est, 2 ou 3 parles en à un professionnel et ne reste pas seul.e. Je sais que si l’on se situe dans la réponse 2, on peut se dire ou nous dire “C’est normal, ça va passer”. Mais le TSPT ne passe pas tout seul, et plus vite il est détecté et accompagné, plus rapide est la guérison, moins forts sont les impacts sur soi et les proches.
Le corps ne ment pas, il garde tout en mémoire.
Les symptômes physiques peuvent être :
Des douleurs chroniques notamment au niveau pelvien, du bassin ou du dos. Cette zone est un siège émotionnel important.
L'infertilité, j’en parle dans cet article.
Une tension dans les mâchoires.
Une fatigue intense, parfois même dès le réveil.
Un trouble de la lactation, lié à la perturbation de l’axe HHS, hypothalamus-hypophyse-surrénale.
Une cicatrisation lente, à cause de l’inflammation de bas grade créé par le stress chronique.
Un regard fuyant ou vide.
Si tu présentes ces signes, parles-en, ne reste pas seule.
On a tendance à croire que la chute hormonale du post-partum est toujours normale et entraîne des fluctuations importantes de l’humeur. Dans le cas d’un TSPT les signes suivants peuvent être décelés :
Ressenti de vide.
Ne plus savoir qui tu es.
Être irritable et t’emporter pour un rien même quand tu n’es pas fatigué.
Une fatigue intense même dès le réveil.
Difficultés à créer du lien avec ton bébé.
Te renfermer sur toi-même.
Être en hypervigilance, avoir peur de tout.
La dissociation, qui est un signe très évocateur du TSPT. C’est le sentiment de ne plus être là, d’être coupé de la réalité. Comme si tu étais déconnecté.e.
L’entretien post-natal avec ta sage-femme, environ 6 semaines après l’accouchement, permet de déceler certains signes. Si tu ne te sens pas bien avant, n’attends pas. Malheureusement tous les professionnels ne sont pas sensibilisés sur le sujet, si tu ne te sens pas écouté ou en confiance, tu as le droit de consulter quelqu’un d’autre.
Certaines tournures de phrases peuvent être évocatrices d’un accouchement traumatique.
“J’avais l’impression d’être une armoire IKEA, qu’on vidait.”
“Je me voyais au-dessus de mon corps.”
“Je n'arrivais pas à dire non. Je me sens tellement nulle.”
“J'aurais dû …”
“J’avais pas envie de passer pour une chieuse.”
“Pourtant, on est en vie et j’ai tout pour être heureuse, mais je n’y arrive pas.”
La plupart des récits ne sont pas tournés vers les faits, mais sur comment les personnes l’ont vécu. C’est ça le propre d’un trauma, ce n’est pas l’événement, c’est l’empreinte.

Depuis plusieurs années, le tabou sur la dépression du post-partum se lève et de plus en plus de voix se lèvent, ce qui est très bien.
Cependant, dans les faits, les choses sont un peu mélangées. C’est pourquoi l’association maman blues parle de difficultés maternelles. Un terme qui englobe différents aspects. De nombreuses mères reçoivent un diagnostic, ou pas d'ailleurs, de DPP et pourtant ne s’y reconnaissent pas.
Les deux ont des symptômes communs comme une détresse intense, de l’irritabilité, de la culpabilité, une perte d’intérêt et de motivation, des angoisses, de l’isolement social ou des troubles du sommeil.
Pour faire la différence entre dépression du post-partum et trouble de stress post-traumatique, deux tests existent.
L’échelle internationale sur l’accouchement traumatique et le test d'Edinburgh pour la DPP.
Tu peux les retrouver ci dessous. Je te conseille de débriefer de tes résultats à ces tests avec un.e professionnel.le formé.e sur le sujet. Tu peux demander avant de prendre rendez-vous.
Pour faire la différence, le TSPT présente certains signes spécifiques :
Des reviviscences avec des flash backs, des cauchemars ou ruminations,
Un évitement de bébé, des soins ou du fait d’en parler,
Un sentiment d’être absente, de ne plus se reconnaître ou encore d’avoir été confrontée à la mort,
Comportement à risque.
Diagnostic de dépression ne répondant pas au traitement médicamenteux.
Comme déjà évoqué, il est possible de ne pas présenter tous les symptômes.
De plus, un stress post-traumatique peut donner lieu à de la dépression, de l’anxiété, de l’addiction ou encore une phobie comme la tocophobie.
La tocophobie étant la peur d’être enceinte ou d’accoucher, si cela t’intéresse, j’ai écrit un article sur ce sujet.
Les conséquences sont multiples, elles affectent la personne victime, mais aussi les personnes autour d’elle et sa manière d’être au monde.
Je détaille plusieurs conséquences sachant que chaque personne réagit différemment. Certaines peuvent développer beaucoup de symptômes en très peu de temps et d’autres réussir à s’adapter pendant plusieurs années, souvent au prix de l’épuisement physique et mental. Quoi qu’il en soit, le corps met toujours en œuvre des stratégies de survie. Je rappelle donc que ce sont des conséquences possibles et non un passage obligé.
Pour une question de compréhension, les conséquences décrites ci-après correspondent au moment où c’est la mère qui vit un état de stress post-traumatique suite à son accouchement.
Ce qu’il faut avoir en tête, c’est que le traumatisme ne s’arrête jamais à un individu.
Comme on l’a vu, le stress causé par le traumatisme d’accouchement affecte le système nerveux qui est en alerte.
Le système nerveux est responsable de la réponse au stress et de toutes les fonctions automatiques de notre corps. Lorsqu’il est dérégulé, les fonctions comme la digestion, le sommeil ou encore la fertilité dont je parle ici peuvent être affectées.
En causant une inflammation de bas grade, des douleurs chroniques sans cause médicale peuvent surgir. La déclaration de diabète et de maladie cardiovasculaire est aussi fréquente. L’immunité à terme est aussi impactée, la cicatrisation peut être plus lente.
Au niveau cérébral, les connexions neuronales s'atrophient dans le cortex préfrontal, le cerveau du haut. Dans le cerveau limbique, le cerveau du bas, siège de l’amygdale qui sonne l’alerte, l’activité est augmentée jusqu’à résolution. Ces différences impliquent plusieurs choses :
Les activités que gère le cortex préfrontal sont plus difficiles et demandent plus d’efforts. Parmi elles on peut noter la gestion des émotions, la communication et la réalisation de tâches complexes.
Le cerveau est constamment sur le qui-vive puisqu’il croit qu’il est en danger en permanence. Ce qui explique que les personnes qui le vivent sont fatiguées dès le réveil et peuvent avoir des réactions de sursaut exagérées.
Petit à petit, le cerveau du bas prend de plus en plus les commandes et les gens réagissent de manière automatique. Ils disent “Je n’arrive pas à me contrôler, c’est plus fort que moi”. Et c’est la vérité, ce n’est pas un manque de volonté. Les réactions ne sont pas de la faute des personnes, c’est un manque de sécurité.
Les connexions entre les deux parties cérébrales sont plus difficiles et l’inhibition par le cortex préfrontal de certains comportements devient plus difficile.
La bonne nouvelle, que toute personne a besoin d’entendre, c’est qu’après la libération de la charge traumatique et un travail pour refaire fonctionner son cerveau, les réseaux de neurones atrophiés retrouvent leur état d’origine. C’est exactement ce que propose la thérapie MOSAIC®. Elle apaise l’émotion de manière durable.
Comme dit plus haut, le co-parent est très souvent présent en première ligne lors de l'accouchement. Iel sent le danger parfois sans réussir à mettre des mots.
De plus, lorsque l’on côtoie quelqu’un qui porte un trauma actif, le trauma peut se transmettre, on appelle cela le trauma vicariant. Il se transmet par les systèmes nerveux qui communiquent sans que l’on ne s’en rende compte. Cela ne se fait pas de manière brutale, mais lorsque celui-ci est prolongé.
Il intervient quand la personne fait preuve d’empathie combinée à de l’impuissance, comme de l’usure.
Les symptômes sont les mêmes qu’évoqué précédemment, iel souffre à cause de la souffrance de l’autre.
Concrètement, deux réactions inverses sont souvent perçues. La première est une réaction de type combat-fuite avec de l’irritabilité, des critiques et de l’hypervigilance. La seconde est une réaction de figement, de dissociation ou encore de retrait émotionnel.
Maintenir des moments de ressourcement pour prendre soin de soi, se connaître et en parler est essentiel.

Les enfants et l’enfant né sont les plus fragiles car immatures. C’est pour cela qu’on dit qu’ils sont des éponges, mais aussi du fait de leur plasticité cérébrale, qu’ils sont plus résilients.
La synchronisation avec le système nerveux de ses figures d’attachement est le premier et le seul moyen du nouveau né de se sentir en sécurité. Lorsque les figures d’attachement souffrent d’un trauma non résolu, le développement d’un attachement sécure est perturbé.
De plus, la surcharge de cortisol sur le bébé altère également l’axe hypothalamus, hypophyse et surrénales engendrant une somatisation et une fragilité future sur la capacité de gestion du stress. (Source Kaffman & Meaney 2007. La psychiatrie de l’enfant)
Chez le nouveau né, les symptômes peuvent être multiples dont :
Reflux résistant ou coliques,
Difficultés d’endormissement et réveils fréquents,
Sursauts excessifs
Hyperextension et tension nerveuse,
Retrait ou regard fuyant,
Difficultés d’alimentation,
Désorganisation des réflexes archaïques,
Cris inconsolables au moins 3h/j, 3j/s pendant 3 semaines.
Un bébé qui somatise n’est pas un bébé difficile ou aux besoins intenses. C’est un bébé en détresse qui demande par son corps et ses expressions de dire et libérer ce qui n’a pas été dit. L’échelle Alarme Détresse BéBé, ADBB, que tu peux retrouver ici, permet d’évaluer objectivement le comportement du bébé. Parles-en à un professionnel pour faire le point sur ta situation.
À long terme des difficultés d’attachement et des troubles émotionnels divers peuvent apparaître.
La meilleure thérapie pour le bébé est celle qui prend soin de son.ses parent.s. Des thérapies pour les bébés et enfants existent, elles travaillent avec la mémoire implicite corporelle et relationnelle et non le récit.
Un bébé peut aussi être traumatisé par sa naissance. Une mémoire corporelle et sensorielle qui se réactive en réponse à certains stimuli. Cela peut donner des réactions automatiques ou des sensations. C’est l’histoire de Manon que j’évoque dans cet article sur la thérapie MOSAIC®. Elle est née par césarienne, cette naissance avait laissé l’empreinte qu’elle ne pouvait pas sortir seule. Vivre avec un trauma n’est jamais anodin.
Si c’est un sujet qui t’intéresse, fais le moi-savoir et je pourrais en faire un article plus complet sur les traumatismes de naissance de l’enfant.
Concernant la fratrie, le risque majeur est que le ou les enfants déjà nés et notamment l'aîné devienne le parent de son parent au détriment de son développement.
Dans ces moments-là, le fameux village du post-partum prend toute son importance.
C’est aussi dans ces moments-là que les repas en post-partum deviennent le meilleur cadeau de naissance. Soulager la charge mentale et l’organisation du quotidien devient une nécessité le temps de retrouver l’équilibre.
Le trauma impactant notre capacité à communiquer et à gérer nos émotions, les conflits dans le couple peuvent surgir plus facilement. Le manque de sommeil qui accompagne généralement l’arrivée d’un nouveau- né, n'aide pas.
La phrase “iel a changé” n’est pas anodine.
Simplement questionner comment la personne se sent, sans supposition, peut l’aider à faire un premier pas.
L’impact peut se ressentir au niveau de l’intimité et de la vie sexuelle. Cela peut commencer par l’évitement de gestes affectueux comme de simples câlins ou un échange de regards tendres.
Pour les mêmes raisons que dans le couple, les relations au travail peuvent être plus difficiles. De plus, la charge de travail vient en conflit des tâches automatiques, déjà difficiles à gérer pour le cerveau.
La personne est moins efficace, se sent moins compétente et peut ressentir un impact sur sa mémoire.
Le fait de ne plus savoir qui elle est, amène des questionnements sur les valeurs et le sens du travail. Un repli social peut s’activer.
À l’inverse, certaines personnes vont surinvestir ce domaine pour éviter de penser ou d’être à la maison, près de leur bébé.
De nombreux jeunes parents envisagent une reconversion ou un changement de poste.
Si c’est votre cas, Céline COUTURIER, propose un accompagnement dans ce sens pour reprendre confiance en soi dans son projet professionnel.

Le traumatisme impacte différentes structures du cerveau, dont celle responsable de l’estime de soi et la confiance.
Les personnes vivant avec un traumatisme actif peuvent se sentir cassées.
C’est un cercle vicieux, car elles sont physiologiquement restreintes dans leur énergie disponible. Le mécanisme de survie, d’adaptation et de protection est inconscient.
Les personnes peuvent ne pas comprendre pourquoi elles sont comme ça ou pourquoi elles réagissent comme ça. Les personnes qui comprennent mais qui n'ont pas les bons outils, peuvent culpabiliser de ne pas y arriver.
La connaissance et la volonté ne suffisent pas. Un travail corporel pour désactiver les mémoires émotionnelles encore présentes est nécessaire pour s’en libérer.
Comprendre, mettre des mots sur ce que l’on ressent et chercher une explication sont le premier pas. Pour transformer efficacement et durablement cet état, l’accès au corps, aux émotions et aux ressentis est indispensable en redonnant les informations pour effectuer la transformation.
On l’a vu, un traumatisme non résolu impacte le système nerveux. De plus en plus de ressources, sont disponibles sur le sujet. La promesse de certains programmes est de réguler le système nerveux.
Or le traumatisme à besoin de plusieurs facteurs réunis pour être traité efficacement et durablement, qui sont : faire le pont entre le conscient et l’inconscient, utiliser la mémoire corporelle et le faire en sécurité et en lien.
C’est là le gros problème des programmes en ligne. L’accouchement traumatique a majoritairement lieu dans le manque de soutien social. Pour en sortir, être accompagné par quelqu’un est un facteur très largement bénéfique pour la guérison. L’accouchement traumatique a lieu dans la relation et se répare dans la relation.
C’est ce que propose la thérapie MOSAIC®.
Ce n’est pas parce que tu as les ressources en toi que tu dois être seul.e.
La thérapie MOSAIC® est tout à fait recommandée en cas d’accouchement traumatique qu’il ait eu lieu il y a quelques semaines ou plusieurs années.
C’est une thérapie brève qui nécessite en moyenne 3 à 4 séances, parfois moins.
Elle se déroule en 4 étapes.
La première consiste à cerner ce qui s’est joué pour toi pendant l’accouchement et comprendre où tu t’es retrouvé.e bloqué.e ainsi qu’identifier l’émotion problématique. Pour certaines, ce sera la peur pour sa vie ou celle de son bébé. Pour d’autres la tristesse ou la culpabilité, comme un échec de ne pas avoir vécu ce qu’on espérait. La honte peut s’inviter, la colère et bien d’autres. Chaque personne a son histoire et son contexte et c’est tout notre travail ensemble que de démêler le fil pour commencer à apaiser le mental. Toutes les émotions sont légitimes.
La deuxième étape consiste à expérimenter dans ton corps par les sensations ce que tu veux vivre. Pour cela, je te guide au début si tu as besoin pour ensuite prendre confiance en toi. Avec MOSAIC®, tu ne revis pas ton accouchement, tu te concentres sur ce que tu veux vivre maintenant. C’est beaucoup plus doux et agréable.
La troisième étape est celle de la reconnexion au problème. C’est à ce moment que les transformations ont lieu. Ton corps comprend enfin que c’est fini et tu retrouves ta sécurité intérieure.
La dernière étape permet de consolider ce que tu as vécu pour un effet pérenne suivi d’un débriefing.
Si tu veux en savoir plus sur la Thérapie MOSAIC®, je te conseille de lire l’article complet que j’ai écrit sur le sujet.
J’espère que cet article a répondu à tes questions, que tu as compris les mécanismes biologiques et l’impact global d’un traumatisme d’accouchement. Tu es maintenant en mesure de repérer les signes et si c’est le cas pour toi, parles-en toujours aux professionnels de santé qui te suivent. Même si vivre un psychotraumatisme est difficile et que tu peux avoir l’impression que c’est trop gros pour en sortir un jour, je veux que tu saches que oui, c’est possible. Bien sûr, tu retrouveras plus facilement et rapidement de la sérénité si tu es accompagné.e tôt, mais même après plusieurs années, c’est possible. Si tu penses que cet article pourrait aider quelqu’un, partage-le.
Et si tu sens que tu as besoin d’être accompagnée pour dépasser ça, je propose un accompagnement avec la thérapie MOSAIC®. Tu peux prendre rendez-vous directement ici ou bien réserver ton appel découverte gratuit si tu souhaites échanger avec moi avant de démarrer un accompagnement.
Crois-moi, le plus dur, c'est de faire le premier pas seul.e. Mais après tu ne le seras plus, je serai là avec toi.

Tendance
Se libérer de la tocophobie c'est possible !
Un article complet pour tout comprendre.
Conséquences et solutions, on fait le point.

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